mardi 31 janvier 2012

La question du moment Lilas #1

Momentum, c'est movi-mentum : le plus vif mouvement de la pensée. La question, donc.

La question du moment, c'est un nouveau chapitre du Théâtre des questions, questions ouvertes par Catherine Robert et Pulchérie Gadmer. Et filmées par Corinne Dardé: http://vimeo.com/35876831
Jeudi 2 février, le film a été projeté au Triton (Les Lilas), au cours de ma Revue de presse avec Louis Sclavis.
JR

lundi 30 janvier 2012

Padget Powell entre dans le Théâtre des questions


The Interrogative Mood, by Padgett Powell

Is it a novel? And, frankly, who cares?

Wednesday 25 January 2012, The Independent 

Would you enjoy reading a book in which every sentence was a question? Would you expect it to become tiresome?

Perhaps you might, but would you change your mind if, as you read, unexpected patterns began to emerge – recurring images of birds, feathers, cars, nudity, ice cream, dogs, toys, oil, TV shows, and themes of nostalgia, loss, ageing, sex and unanswerable philosophical questions?
Would you enjoy being teased by questions such as "Do you believe in justice?" or "Do you prefer a red bean or a black bean?", "Do you like to visit grave sites?" or "Do you realize that people move steadily on, even arguably bravely, unto the end, stunned and more stunned, and numbed and more numbed, by what has happened to them and not happened to them?"?
How about "Do you like it when people sing 'Happy Birthday' to you?"? Or "What was the gentlest, sanest civilization in history?"?
Would questions such as "If you contracted a disease that ate away your eyelids, would you shoot yourself?" make you laugh, cry or yawn? Would you feel you had to answer these questions? Would it bother you that you didn't know whether to describe this book as a novel or not?
Do you think you'd like The Interrogative Mood? Why don't you read it and find out?

un extrait :
http://www.youtube.com/watch?v=11Hkh5Y3cyc

Le livre vient de paraitre en version française aux éditions Eugène Fromentin, Le Mode interrogatif, 2012.

Welcome !

mercredi 4 janvier 2012

Lilas s'interroge


Le chapitre 57 du Théâtre des questions s'est ouvert aux Lilas, au Centre de loisirs Jean-Jack Salles, avec dix enfants de CE2, sous la houlette des philosophes Catherine Robert et Pulchérie Gadmer, à l'ombre du Triton et de la compagnie voQue. Les enfants ont dit les questions qu’on prend plaisir à poser, celles qu’on n’ose pas poser, celles auxquelles les parents ne répondent jamais, celles qu’on se pose en forêt… En forêt, on se demande s’il y a des Picachus dans les arbres. La question de savoir s’il y a une vie extraterrestre, en revanche, ne se pose pas, car il est évident qu’il y a des extraterrestres… La question désagréable à entendre, c’est celle qui demande si on ressemble à son frère. La question que les filles se posent tout le temps, c’est de savoir si leurs amoureux les aiment… Puis les enfants ont cherché les familles de questions ; puis ils ont dessiné leur préoccupation du moment, et plusieurs questions ont surgi : le Mac Do, la console de jeux, les parents, le métier qu’on fera plus tard, aller rendre visite aux Simpson à Springfield…A l’issue des quatre tours de vote, une question a été préférée aux autres. Mais laquelle ?


Et vous, à choisir ?


à suivre... 



dimanche 18 décembre 2011

catastrophe ? et alors ?


Que tous les gens de bonne foi qui croient aux vertus du « développement durable » s’interrogent : constatent-ils un ralentissement de la déforestation ? de l’émission de gaz à effet de serre ? de la bitumisation des campagnes ? de l’automobilisation de la planète ? de la disparition des espèces ? de la pollution de l’eau ? Le « développement durable » sera efficace si l’on se donne le temps, croient-ils. Nous n’avons plus le temps. Le « développement durable » n’a pour fonction que de maintenir les profits et d’éviter le changement des habitudes en modifiant, à peine, le cap. Mais ce sont les profits et les habitudes qui nous empêchent de changer de cap. Quelle est la priorité ? Les profits ou le bon cap ?
Et voici la question centrale : Alors que tout cela est clair, pourquoi le système est-il si obstinément incapable de bouger ?

du chroniqueur écolo du Monde, Hervé Kempf, dont chaque livre déborde de questions sans réponses... allez savoir pourquoi ?

dimanche 11 décembre 2011

du rire d'interrogation, et de la folie des encres

Qu’est ce que l’humour juif ?
Vous pensez que le mot shmock vient de Shakespeare ?
Proust est il plus drôle que Kafka ?
Quels rires provoquent les textes de Saul Bellow, des Marx Brothers, de Chaplin, Perec, Woody Allen, Jerôme Charyn, Tristan Bernard, René Goscinny, Philip Roth, Moacyr Scliar, Israel Zangwill, Singer, ou Gotlib ?
L’humour juif est il un tout ?
L’humour juif  fait il couler des océans de larmes ?
Est il rire pour ne pas pleurer ou pleurer de rire ?
Spinoza fait il marrer, comme le soulignait Deleuze ?
L’humour juif éloigne t’il de Dieu ? 

S’adresse t-il à la non-vie ? 
Dénonce-t-il la régression ? 
Est il une marque de faiblesse, une attitude esthétique, un phénomène psychique, une ironie contre soi même, une chose suffisamment sérieuse pour que de multiples livres lui soient consacrés ?


Mais non, vous n’aurez pas les réponses à toutes ces questions...
Tout est trop relatif...

L’abécédaire incomplet de l’humour juif
(textes de Sholem Aleichem, Patricia Berreby, Joseph Bialot, Muriel Bloch, Chochana Boukhobza, Elisabeth Brami, Henry Bulavsko, Cyrille Fleismann, Catherine Fugh, Alain Gluckstein, Ludovic Hary, Yaël Hassan, Etgar Keret, Laurent Levy, Michel Marx, Susie Morgenstern, Isaac Leib Peretz, Rosie Pinhas-Delpuech, Mauricio Rosencof, Laurent Sagalovitsch, Moacyr Scliar, Ana Maria Shua, Joëlle Tiano, Rebecca Wengrow et la participation sur le DVD  de Haïm Korcia, Isy Morgenzstern, Gérard Rabinovitch et Judith Stora-Sandor & de multiples raconteurs)

et 

Joies du yiddisch 
de Leo Rosten

Mardi 13 décembre
à partir de 18h30

Folies d’encre
9 avenue de la résistance
93100 Montreuil

mardi 29 novembre 2011

pensée inique ?


Mesurez votre taux de pensée inique

Etes-vous vraiment un bon penseur inique ?

Est-ce qu'il vaut mieux :
A/ prendre aux riches pour donner aux pauvres ?
B/ prendre aux riches pour donner aux riches ?
C/ prendre aux pauvres pour donner aux riches ?
D/ prendre aux pauvres des pays riches pour donner aux riches des pays pauvres ?

A/ Prendre aux riches pour donner aux pauvres, est-ce que c'est :
a/ une utopie chronique ?
b/ une utopique anachronie ?
c/ une illusion comique ?
d/ la révolution ?

B/ Prendre aux riches pour donner aux riches, est-ce que c'est :
a/ le cours normal des choses ?
b/ le cours de la bourse ?
c/ le coup de c'est la faute à la fatalité ?

C/ Prendre aux pauvres pour donner aux riches, c'est :
a/ une économie de gestion ?
b/ une économie de marché ?
c/ le jeu très libre du très libre échange ?

D/ Prendre aux pauvres des pays riches pour donner aux riches des pays pauvres, c'est :
a/ de l'aide au développement ?
b/ de l'aide au développement ?
c/ de l'aide au développement ?

Ce texte de Jacques Rebotier date de 1990 et a été publié dans Description de l'omme.
On le trouve dans le spectacle La Revanche du dodo (Théâtre Gérard-Philippe de Saint-Denis, 2009), parlé-dansé par Caroline Espargilière et Marie Payen, flanquées de la contrebasse de Anne Gouraud.

lundi 28 novembre 2011

Hervé Le Tellier, La qui flanche


écrit sur la mémoire, ou plutôt son trouble, le poème La qui flanche (in « Zindien » avec des dessins de Henri Cueco, publié en 1999 aux éditions Syllepse dans la collection Libre espace) est aussi un hommage au fameux Je me souviens de Georges Pérec. Un contre-hommage peut-être, au sens où on parlait de contre-blason au XVI ème siècle.
La qui flanche  me parait aussi un traveling arrière – et achronique –, de l'univers et de sa création originelle au moment présent du geste d'écrire, du méta-texte en quelque sorte, mais peut-être m'égarè-je ?  J.R.


Merci encore à Frédérique Bruyas

Au commencement, Dieu créa le ciel et la quoi déjà?
Notre Père qui êtes aux quoi, déjà?
Je vous salue, Marie, pleine de quoi déjà?
Roland est preux et Olivier est quoi déjà?
Que sont mes amis devenus que j'avais de si près tenus et tant quoi, déjà?
Mignonne, allons voir si la quoi, déjà?
Mieux est de ris que de larmes écrire pour ce que rire est le propre de quoi, déjà?
Je pense donc je quoi, déjà?
Amour, amour, quand tu nous tiens, on peut bien dire "Adieu, quoi, déjà?"
Plutôt souffrir que mourir c'est la devise des quoi, déjà?
L'homme est un roseau, mais un roseau quoi, déjà?
Rodrigue, as-tu du quoi déjà?
Liberté, Égalité, quoi déjà?
Le petit chat est quoi, déjà?
Qu'allait-il faire dans cette quoi, déjà?
Un seul être vous manque et tout est quoi déjà?
La Déclaration Universelle des Droits de quoi déjà?
Les sanglots longs des violons de l'automne bercent mon coeur d'une langueur quoi déjà?
Longtemps, je me suis couché de bon quoi déjà?
La chair est triste, hélas, et j'ai lu tous les quoi déjà?
Les plus désespérés sont les chants les plus quoi déjà?
Le jour n'est pas plus dur que le fond de mon quoi, déjà?
Le capitalisme est l'exploitation de l'homme par quoi, déjà?
Nous ne sommes rien, soyons quoi, déjà?
Je vous souhaite d'être follement quoi déjà?
T'as de beau quoi, déjà?
E = mc quoi, déjà?
Dieu ne joue pas aux quoi, déjà?
L'amour, c'est l'infini à la portée des quoi déjà?
Toute ma vie, je me suis fait une cer-taine idée de la quoi déjà?
Je souhaite la victoire de la quoi déjà?
Paris humilié, Paris martyrisé, mais Paris quoi déjà?
Si ma tante en avait, on l'appellerait déjà quoi déjà?
Faites l'amour, pas la quoi déjà?
I can get no quoi, déjà ?
Faut dire que c’est plutôt une boisson de quoi déjà ?
Nous sommes tous des Juifs de quoi déjà ?
La cimaise, ayant chaponné tout le quoi déjà ?
C’est roulé à la main sous les quoi déjà ?
La maladie où l’on oublie tout, c’est la maladie de quoi déjà ?
Je me souviens qu'en 1978 Georges Perec a écrit quoi déjà?
L’Ouvroir de Littérature quoi déjà ?
 
Hervé Le Tellier
et en lecture par l’auteur :