mercredi 8 août 2012

Michel Polac pose la question du jour

Michel Polac vient de mourir des suites d'une longue maladie. 
La question du jour est : pourquoi meurt-on si souvent des suites d'une longue maladie et presque jamais d'une longue maladie ?
Et encore moins d'une maladie, courte ou pas ?

jeudi 2 août 2012

Pierre Tilman

Pierre Tilman l'excellent nous questionne excellemment. 
Vient de paraître, pour ne plus jamais paraître car il s'agit d'une lutte à mort contre les apparences – et pour se tenir vif et droit dans le flux du questionnement. Dites 33 et vous serez guéri (de toute réponse) :
 
Pierre TILMAN   
Questions

Faites-vous de votre vie un roman ?
Les points d'interrogation sont-ils des crochets ?
Est-ce vous qui dites cela ou un autre que vous ?
Est-ce que vous remarqueriez si vous vous croisiez dans la rue ?
Vos sens sont-ils giratoires ?


Le tour du point d'interrogation en 163 questions...
pour pouvoir vivre sans réponses.

88 p. 17 x 13 cm isbn 978-2-910775-41-4 10 €

http://www.plainepage.com/editions/courtscircuits.htm



Y a-t-il un jardin là où vous habitez ?

Vivez-vous avec un animal ?

Quelle est votre position favorite pour lire ? 

Quelle est votre position favorite pour faire l’amour ?

Savez-vous tomber ?

Faites-vous collection d’humiliations ?

Vous efforcez-vous de vous adapter ?

Préférez-vous prendre une douche ou bien un bain ?

Poussez-vous le bouchon trop loin ?

Goûtez-vous la compagnie sournoise des fantômes ?

Savez-vous la date de votre mort ?

Êtes-vous égaré dans le labyrinthe ?

Faites-vous de votre vie un roman ?

Votre portrait est-il robot ?

Votre espèce est-elle menacée ?

Auriez-vous aimé avoir une jeunesse heureuse ?

Utilisez-vous des déodorants ?

Ça vaut la peine ?

Pourquoi ne partez-vous pas ?

Faites-vous de l’ombre ?

Vos amours s’achètent-ils ?

Vous aimez-vous ?

Pourquoi n’aimez-vous pas votre nez ?

Qu’est-ce qui ne vous fait pas rire ?

De quoi ne pouvez-vous pas vous passer ?

Avez-vous déjà déchiré une photo ?

Bétonnez-vous ?

Crachez-vous dans la soupe ?

Chiez-vous dans la colle ?

De quoi faites-vous partie ?

Refusez-vous de passer pour un idiot ?

De quoi souffrez-vous ?

Jouez-vous l’innocent ?

Criez-vous votre innocence ?

Montez-vous la mayonnaise ?

Hurlez-vous avec les loups ?

Parmi les personnages de la crèche est-ce vous que vous tenez le rôle du ravi ?

Qu’avez-vous raté aujourd’hui ?

Que voyez-vous les yeux fermés ?

Pour qui sonne le glas ?

L’odeur de votre sueur est-elle désagréable ?

Êtes-vous plus malin que vous n’en avez l’air ?

Trouvez-vous un sens à tout ce bordel ?

Percevez-vous les battements de votre cœur ?

Les points d’interrogation sont-ils des crochets ?

Procédez-vous à des migrations saisonnières ?

Saluez-vous la naissance et le déclin du jour par des cris ?

Vos bras sont-ils rétractiles ?

Déchiquetez-vous les proies ?

Pouvez-vous demeurer longtemps pendu par les pieds ?

Êtes-vous invité à une fête qui n’aura jamais lieu ?

Discutez-vous avec les fous ?

Lévitez-vous ?

N’importe qui fait-il l’affaire ?

Pourquoi nos mères nous enfantent-elles ?

Comment faites-vous pour gagner de l’argent ?

Entretenez-vous des relations ambivalentes avec le fait de vous faire enculer ?

Suivez-vous les livres de recettes ?

Voyagez-vous léger ?

Vos yeux sont-ils bleus comme on a tendance à le croire ?

Avez-vous déjà eu la sagesse du vieillard ?

Êtes-vous pareil depuis la naissance ?

Conneries ? Conneries ? Conneries ?

Qu’est-ce que vous n’avez jamais compris ?

Remontez-vous à la surface ?

Quand vous êtes confronté à un problème cherchez-vous la solution ou cherchez-vous d’autres problèmes ?

Pleurez-vous le départ de papa ?

Recevez-vous des preuves d’amour ?

Êtes-vous daté ?

Qu’est-ce qui vous fait fleurir ?

Trimballez-vous des petits mots qui s’usent dans vos poches ?

Entretenez-vous un certain niveau de haine ?

L’amour du médiocre est-il bon pour vous ?

Êtes-vous un spécialiste de l’autodiagnostic ?

Est-ce vous qui dites cela ou un autre vous ?

La vulnérabilité éveille-t-elle en vous des pulsions sadiques ?

Avez-vous un esclave que vous martyrisez et qui aime ça ?

À quelle heure devenez-vous garou ?

Laissez-vous tomber ?

L’inélégance de vos tactiques déplaisent-elles ?

Souriez-vous aux clients ?

Vous élevez-vous silencieusement dans les airs ?

Voyez-vous plus loin que le bout de votre nez ?

Épatez-vous la galerie ?

Votre amour se fige-t-il ?

C’est vous l’homme invisible ?

Vous contentez-vous des miettes ?

Faites-vous rire les enfants ?

Brûlez-vous les étapes ?

Arrondissez-vous les angles ?

Quand vous êtes ému vos lèvres tremblent-elles ?

Tout ce que vous imaginez devient-il réalité ?

Avez-vous des montées de lait dans les seins ?

Encaissez-vous les coups ?

Risquez-vous la prison ?

Avez-vous un œil tourné vers le passé et l’autre vers le futur ?

Les pirouettes vous font-elles de plus en plus mal au dos ?

Est-ce que vous vous remarqueriez si vous vous croisiez dans la rue ?

Portez-vous des tenues de camouflage ?

Seriez-vous capable de modifier votre ADN ?

Vos sens sont-ils giratoires ?

Rapetissez-vous ?

Lisez-vous sur les lèvres ?

Vérifiez-vous le niveau d’huile ?

Faites-vous des vagues ?

Craignez-vous d’être éliminé du reality-show ?

Avez vous des bouffées d’angoisse ou d’autre chose mal perçues sur le plan conscient ?

Avez-vous des trous blanc troublants ?

Vous envoyez-vous en l’air ?

Votre dignité est-elle froissée ?

Savez-vous danser la valse ?

Existez-vous en trois couleurs acidulées ?

Vous déclinez-vous en plusieurs tailles ?

Savez-vous planter les choux à la mode de chez nous ?

Ressemblez-vous parfois à un hippopotame triste ?

En temps réel ?

Modernisez-vous votre image de marque ?

Connaissez-vous vos dirigeants ?

Aimeriez-vous devenir un arbre ?

Vous laissez-vous avoir par tous les mélos qu’on vous raconte ?

Avez-vous le bras long ?

Avez-vous la cuisse légère ?

Devez-vous plus beau en vieillissant ?

Comment oublier les horreurs que les humains s’infligent les uns aux autres ?

Tuez-vous ?

Rachetez-vous votre faute ?

Sautez-vous sur l’occasion ?

Faites-vous figure de roi ?

Ne faites-vous que passer ?

Venez-vous d’une famille où on n’a jamais appris à se parler ?

Sortez-vous de votre coquille ?

Auriez-vous envie de passer vos vacances avec vous ?

C’est quoi votre problème au juste ?

Vous ne voudriez quand même pas avoir le beurre et l’argent du beurre ?

Alignez-vous les clichés ?

Voyez-vous le bout du tunnel ?

Tendez-vous l’oreille pour saisir des bribes de conversation ?

Êtes-vous catalogué comme un fin observateur de la nature humaine ?

Vos idées sont-elles bien arrêtées ?

Marchez-vous sur des œufs ?

Qui croyez-vous tromper avec votre politesse charmante ?

Contrôlez-vous fréquemment votre identité ?

En cas de flottement pouvez-vous vous reposer sur une organisation efficace ?

Fissurez-vous le mur contre lequel vous venez systématiquement buter ?

Êtes-vous sourd aux sarcasmes ?

Pouvez-vous choisir de ne pas être vous ?

Extériorisez-vous l’intérieur de la même façon qu’on retourne un gant ?

Vous a-t-on laissé choir ?

Vous a-t-on léché ce soir ?

Y a-t-il des réponses que vous auriez aimé donner à des questions qu’on ne vous a pas posées ?

Êtes-vous doué pour vivre l’instant présent ?

Votre vue est-elle imprenable ?

Poussez-vous des petits cris ?

Crachez-vous avec plaisir sur le portrait d’un des membres de votre famille ?

Vendez-vous chèrement votre peau ?

Marchandez-vous votre admiration ?

Devez-vous transparent ?

Êtes-vous satisfait de vos progrès minuscules ?

Changez-vous de sexe ?

Sur votre lit de mort vous convertirez-vous au catholicisme ?

Votre histoire personnelle occupe-t-elle une part importante dans le déroulement de votre ?

Qu’est-ce que vous fabriquez ?

Ça va pas la tête ?

Êtes-vous en guerre ?

Savez-vous que vous ne savez pas ?

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans votre travail de terrain au quotidien ?

Vous en lavez-vous les mains ?

Votre paupière se met-elle à ressauter ?

Avez-vous de grands yeux pour voir et de grandes oreilles pour entendre ?

Gardez-vous le silence ?

Est-ce que la vie que vous vivez n’en cache pas une autre que vous ne vivez pas ?

Combien de temps ?

Pour combien de temps ?

Pour combien de temps encore ?

Qu’avez-vous dit à la mort la dernière fois que vous l’avez rencontrée ?
(

vendredi 22 juin 2012

Job

« Et quelle maladie que ce besoin de répondre ! »
Une interjection-conseil de Job et Frédérique Bruyas (Livre de Job,16,3).
Non ?

vendredi 1 juin 2012

Alors, la meilleure pire question bateau ?



Samedi 7 avril, au cours de la seconde journée international de l'entretien, un MONTAGE ENTRETENANT de David Christoffel : 






Merci à tous ces entreteneurs inconnus ou connus passés ou à venir...




Le jury du Prix international de la meilleure pire question bateau a délibéré le 27 mars 2012, tout l'après-midi, au Café Barge, à Paris. 
La barge a refusé de fluctuat sur la Seine, nous sommes restés sur berge et quatre candidats ont été pré-sélectionné : Nicolas Briennon, Diane Gustin, Assogba Lawê, Lorenzo Pillitteri.


Détail sur http://www.m-e-l.fr/deuxieme-journee-internationale-de-lentretien,re,275



Maison des écrivains et de la littérature



Samedi 7 avril de 10h à 17h
Dans le cadre de la Deuxième journée internationale de l'entretien, proposée par la Mel, la remise du Prix de "La meilleure pire question bateau" se tient au Petit Palais.
Interventions de David ChristoffelDominique QuélenNathalie RannouJacques RebotierThomas Baumgartner et Hervé Le Tellier
> à l'auditorium du Petit Palais - Musée des Beaux arts de la Ville de Paris 
(métro: Champs-Elysées Clémenceau) 
- Entrée libre et gratuite. Site de la Mel : www.m-e-l.fr
La phrase interro-négative du jour 
Interview, entretien... 
S'entre-tenir, n'est-ce pas encore plus fort que s'entre-voir ?
S'entre-entendre ?



vendredi 6 avril 2012

Take diem ! Lilas #5

Question du moment n°5

« Les Français, qui passent, je ne sais pourquoi, pour un peuple fort humain, s'étonnent que les Anglais, qui ont eu l'inhumanité de nous prendre tout le Canada, aient renoncé au plaisir de donner la question. » dit Voltaire dans l’article Torture du Dictionnaire philosophique. Le 5 avril, Pulchérie et Catherine avaient rendez-vous au Foyer Voltaire des Lilas, résidence pour « séniors autonomes », pour le plaisir de donner la question à une bande de joyeux drilles humanistes et gaillards, qui ont fait l’éloge des jeunes à capuche et du « 9 cube » (comme dit Annick), qu’ils ne voudraient quitter pour rien au monde, et surtout pas pour aller habiter dans le centre de Paris. Il a été question de Voltaire, un peu, et Anne aimerait bien qu’on lui rende hommage dans le hall en y installant un fauteuil éponyme. Il a été question du Canada, aussi, et Marceline nous a raconté comment elle avait été filmée en train de chanter à la messe, alors que ses enfants la croyaient encore dans la Belle Province. Pierre a cité Baudelaire et fustigé le « matérialisme historique », plaie de notre époque. Annick a défendu la culture et le savoir, Théophane a juré qu’il accepterait de travailler à nouveau, si un employeur lui proposait d’échapper à l’ennui de la retraite. Houria a défendu la tolérance religieuse et la fraternité, valeur indiscutable pour ces défenseurs de la jeunesse et de la solidarité. Si Théophane craint le « grand cahier » sur lequel Dieu inscrit les fautes des hommes, Marceline espère bien le rencontrer un jour, car elle a une très sérieuse conversation à mener avec lui sur la question du mal. Quelles sont les questions du moment ? Pour Annick : « Comment continuer à vivre en harmonie dans ce monde troublé ? ».  Pour Théophane : « Comment faire pour être bien et avoir la santé ? ». Pour Marceline : « Quel avenir pour la France ? ». Pour Houria : « Comment se comporter avec les gens qu’on aime ? ». Quant à Pierre, il l’emporte haut la main, au deuxième tour de scrutin, avec sa question : « Comment vivre au quotidien : take it easy, carpe diem ? ». Les Voltairiens des Lilas n’ont pas renoncé au plaisir de donner la question en anglais !



mardi 13 mars 2012

épistémomaniaques, à vos lilas (#4) !

Question du moment n°4

Clémence, Laura, Emma, Naïma, Tom, Stéphane et Arthur : sept élèves de terminale sont venus taquiner la question, le vendredi 9 mars 2012, en compagnie de Pulchérie et Catherine, arrivées en retard, un peu comme Socrate chez Agathon. Elles n’avaient pas été retenues par l’urgence de la méditation « sous le porche d’un voisin », comme le maître en maïeutique, mais elles avaient déjeuné au soleil revenu. Dans la boîte à questions, on n’a pas trouvé de question à poser au soleil, mais des questions à poser aux parents, aux profs et à son amoureux. Tout va pour le mieux aux Lilas : les jeunes gens du lycée Paul-Robert ont des parents compréhensifs, des amours discrètes et des profs plutôt sympas (surtout celui qui voulait être boucher et est devenu prof de maths). On patine un peu dans la psychologie, et les filles expliquent que leur question du matin concerne le choix de leur tenue du jour. Mais l’épistémophilie a tôt fait de se réveiller, lorsqu’on passe du poncho orange et des chaussures à pompons à l’éloge de la philosophie. C’est la découverte de l’année. Ca chamboule les certitudes, ça provoque l’étonnement. Un peu torpille et sacrément taon, ces profs de philo, qui « déconstruisent » tout, et font qu’on ne sait plus rien du bonheur, du désir et de la vérité, à force d’en interroger l’essence. La philosophie les a-t-elle aidés à se questionner sur l’époque, leur situation, la société et le moment ? Les lycéens du lycée Paul-Robert se révèlent alors métaphysiciens aguerris et interrogateurs vifs et lucides des travers du moment. Ils ne sont dupes de rien, ils s’inquiètent pour l’avenir. Ils feuillètent les journaux apportés, pour y trouver de quoi fabriquer leurs questions du moment, et exposent leurs interrogations en un symposium qui révèle leur naturel philosophe. Chez Platon, c'est le Bien qui rend l'intelligence intelligente et l'objet intelligible. Décidément, il faisait grand soleil aux Lilas ce jour-là : il a même fallu baisser le store en fin de séance… « Ô grand astre ! Quel serait ton bonheur, si tu n’avais pas ceux que tu éclaires ? », dit Zarathoustra.





et la belle video de Corinne Dardé :
http://vimeo.com/40474168
Moi j'ai aimé, enfin "aimé"..., la question : Pourquoi on nous fait peur ?